mardi 15 août 2017

DIX-JON

 
   L'été est une période particulièrement propice au questionnement inter-collègues (ou "entre collègues", si tu as arrêté le Latin en 5ème). Chaque vendredi, l'âme des regrettés David & Jonathan plane au dessus de la photocopieuse, de la table du déjeuner, voire même de l'évier. "Et toi, Jean-Babakar, est-ce que tu pars pour les vacances ?", "Bien-sûr, Jean-Biture, demain à cette heure-ci, je serai en Italie, sur les traces de Pavarotti, Botticelli, Claude Barzotti, et plein d'autres gens en "i". Et toi ?".

"Et toi ?", en voilà une question qu'elle est bonne. Une question qui, entre nous soit dit, t'a souvent fait tressaillir du slip, de peur de ne pas avoir LA réponse qui impressionnera la galerie (viens, on arrête d'être superficiels ?). 
Moi-même, j'avoue ne pas avoir osé dévoiler à tout-va ma dernière destination, qui n'était autre que Dijon. Pas les calanques de Cassis, pas les hauteurs de Porto-Vecchio, pas la plage de Biarritz, non, Dijon. Pourtant, il y a deux semaines, j'ai découvert une ville superbe, à seulement 1h30 et 20€ de Lyon. Démonstration.

Si ton esprit est rempli de préjugés naïfs (déjà bienvenue au club, moi aussi, je suis convaincue qu'il n'y a que de la neige et des cabanes en bois au Canada), tu te dis sûrement qu'à Dijon, il n'y a que des maisons en pierre de Bourgogne, dans lesquelles les gens se saoulent H24 au Gevrey-Chambertin en mangeant de la moutarde qui pique. Peut-être.
Mais à Dijon, il y a aussi des hôtels particuliers sublimes, des églises toutes plus belles les unes que les autres, des musées ultra photogéniques, et cette ambiance sereine et réjouissante qu'on ne retrouve que dans les villes de province (non, Lyon n'est pas une ville de province :D). 

Pour toi (et aussi un peu pour moi, histoire de ne pas être complètement paumée une fois sortie de la gare), j'ai préparé un circuit en dix étapes, pour te convaincre :
  1. que Dijon, c'est super chouette (les vrais comprendront la blagounette)
  2. que tu n'as pas à avoir honte de dire à tes collègues que tu t'apprêtes à y passer le week-end

 
Elle marque l'entrée dans le centre historique de la ville. Si tu as le sens de l'humour (et un peu de temps à perdre, aussi), tu pourras y faire un selfie devant la Porte Guillaume, pour faire croire à tes amis que tu es de passage à Paris. 
 



Après un passage place Grangier pour admirer La Poste (quand je te dis que tout est beau à Dijon), je te conseille une virée matinale aux Halles, pour profiter de l'ambiance "marché" (les vendeurs qui crient, les vieilles qui te marchent dessus, tu vois ce que je veux dire ?).



Direction ensuite Notre Dame, au bout de la rue Musette. Lève la tête et n'oublie pas de chercher la chouette, en sortant de l'église.






A deux pas de Notre Dame, tu croiseras également un premier hôtel particulier, et pas des moindres : l'Hôtel de Vogüé et ses toits vernissés.


Pour continuer, rendez-toi rue des Forges, par laquelle tu accèderas au majestueux Palais des Ducs (en même temps, avec un nom pareil, on peut s'attendre à autre chose qu'une chaumière) (non, je n'ai rien contre les chaumières, rassure-toi).
Tu pourras y passer des heures, à photographier les moindres recoins du Musée des Beaux Arts, à gravir le sommet de la Tour Philippe le Bon, ou encore à chercher la secrète Chapelle des Élus...












Après t'être demandé comment tu allais bien pouvoir photographier la place de la Libération (autrement qu'en haut de la Tour Philippe le Bon), tu pourras opter pour une balade digestive dans les plus belles rues de la ville. Des dizaines d'hôtels particuliers ornent les rues Vannerie, Chaudronnerie, ou encore Jeannin, de leurs portes sculptées et colorées. Une accumulation plutôt exaltante qui te fera te demander pourquoi tu n'en possèdes pas un, toi aussi (peut-être parce que tu n'es pas un Duc de Bourgogne, tout simplement).





Une fois que tu auras tenté d'ouvrir toutes les chic portes du quartier, n'hésite pas à aller te confesser à l'église Saint-Michel, dont les voûtes m'ont personnellement beaucoup emballée.



Je te conseille de poursuivre ton périple par la visite de deux très beaux musées. Le premier, le musée Magnin, est niché au cœur de l'extraordinaire Hôtel Lantin. Si tu es comme moi amateur de tapisseries baroques, de cheminées démesurées et de parquets affriolants, tu risques de kiffer gentiment.




Le second musée se trouve un peu plus au Sud. L'occasion pour toi d'arpenter les rues Vauban, Amiral Roussin et Berbisey, où se cachent d'autres hôtels particuliers.
Arrivé rue Sainte-Anne, tu découvriras le musée d'Art Sacré (dont l'entrée est gratuite, ça fait toujours plaisir) qui renferme des trésors superbement mis en scène. Tu m'en diras des nouvelles.





Évidemment, et pour ne pas faire mentir les clichés, tu te rendras dans l'incroyable boutique Mulot & Petitjean, place Bossuet, et chez Maille, rue de la Liberté. Tu te diras "On y va pour voir", et tu ressortiras les bras chargés de souvenirs à manger.
Si je peux me permettre, je te conseille vivement les nonnettes à l'orange, et la moutarde au miel.







S'il te reste un peu de temps et de courage (au cas où, je te rappelle quand même que tu viens de démontrer, à l'étape précédente, que tu n'en avais aucun), je pense que le jardin Darcy vaut le détour. Celui de l'Arquebuse a l'air aussi sympathique, bien qu'un peu plus loin du centre.
En revanche, si comme nous à la fin de notre visite, tu n'as qu'une seule envie : te posey, je te conseille le Grand Hôtel La Cloche, où tu pourras boire un verre (ou deux, je voudrais pas passer pour une rabat-joie), affalé dans un fauteuil au jardin. Le cadre est plus qu'agréable, et idéal pour conclure une journée de marche (malgré les Allemands mal sapés que tu croiseras sur la terrasse).