dimanche 7 février 2016

LE M•BOARD DE FEVRIER

   12 jours. 12 jours me séparent de la (presque) fin de ma vie d'étudiante. Je réalise de moins en moins (ou plutôt, de plus en plus), et ce sentiment contradictoire dont je te parlais en début d'année ne me quitte plus. 
Mais là n'est pas la question. Non, aujourd'hui, je ne suis pas là pour m'épancher sur mes états d'âme de pré-adulte, mais bel et bien pour te parler de mes obsessions du moment. Celles qui s'étaient évaporées avec la nouvelle année, comme enfouies sous nos belles résolutions anticonsuméristes, et qui rejaillissent soudainement, comme si de rien n'était. Comme si avoir un haut rose à volants, une table en marbre, un mini sac en cuir grainé ou une bougie Diptyque allait changer quelque chose à ma destinée (on était tous les deux destinés ...). Comme si écouter 37 fois de suite Criminal World allait faire revenir David Bowie. Comme si regarder mes photos de l'Ile de Ré en plissant les yeux très très fort allait me téléporter à l'autre bout du pays (bon à mon avis, ça ne fera qu'augmenter le CA de L'Oréal sur la catégorie Contour des yeux, mais c'est bien d'avoir des rêves, hein Micheline ?).
Comme si, au fond, on n'était pas foutu de vivre sans envie, alors qu'un morceau de camembert et une simple chanson de Gérard Lenorman pourraient nous suffire ... (ou pas)

Tu l'auras remarqué, la fin de ma vie scolaire me met dans un état très ... personnalisé, dirait Gad Elmaleh. Si toi aussi, tu es à l'aube d'une nouvelle vie (ou d'une vie nouvelle), n'hésite pas, exprime-toi. 



Crédit photos :

dimanche 24 janvier 2016

LA DERNIERE SEANCE

   Il y a quelques semaines, j'évoquais ici même une collaboration fraîchement conclue avec le cinéma Comoedia, l'indépendant lyonnais par excellence. J'étais ravie. Ravie de pouvoir, enfin, te causer ciné sans citer le nom de Delon à tout bout de champ. Ravie de pouvoir m'ouvrir à de nouveaux horizons, à des réalisateurs jusqu'alors inconnus (de moi-même, précisons). Ravie, encore, de découvrir des histoires, des intrigues, des personnages en veux-tu en voilà ... Bref, j'étais ravie.

Quelques semaines plus tard, je découvre impatiente la programmation du Comoedia pour les jours à venir. Telle une enfant déchirant le papier de ses cadeaux de Noël, je déroule la liste et finis par atteindre la dernière séance (et le rideau sur l'écran est tombé, bye byyyyye, rendez-vous à jamaiiiis) (pardon), celle du dimanche. Et là, je suis plus que ravie. Parce que le Comoedia est partenaire du GRAC (le Groupement Régional d'Actions Cinématographiques). Parce que ce GRAC en question propose chaque mois un film, que dis-je, un classique issu de sa "Ciné Collection". Parce que ce dimanche là, le noir et blanc sur grand écran est au programme. 

Ce dimanche donc, j'étais beaucoup trop ravie, parce que j'allais au Comoedia, voir L'Eclipse.

Un film de 1962.

Réalisé par Antonioni.


Avec Monica Vitti.



Et Alain Delon. 

Ben voyons ... 



Et alors, t'en as pensé quoi ?

Pour tout te dire, j'y suis allée sans placer mes attentes à un niveau démesuré. Certes, Delon était encore jeune et fringant, mais le film lui, avait l'air un peu lent.
Et effectivement, la lenteur dans cette oeuvre règne en maître. Elle domine, aussi écrasante et belle que le soleil d'Italie, mais s'efface parfois pour laisser place à la furie surréaliste des courtiers qui s'époumonent. Elle sert une esthétique, une lumière, un caractère : celui de Vittoria (Monica Vitti), une fille un peu paumée, "complexe" dirait Télérama.


Oui, la lenteur est présente. Pourtant, plus qu'il nous assomme, L'Eclipse est un de ces films qui te laissent un brin bouleversé, pour ne pas dire complètement tourneboulé. Et c'est ça qui est magique. Parce qu'il a beau ne pas se passer grand chose, quand vient pour toi le moment de remonter dans le métro (ou le tramway, mais ça rime pas), tu te surprends à jouer les Monica Vitti, sonnée, sauvage, ... mais un peu saucissonnée (disons, davantage que l'originale) dans la robe Gucci que tu t'imagines porter.



En résumé, l'image vaut le détour. Tout comme le prochain rendez-vous Ciné Collection du Comoedia. Le 10 avril, Delon remet ça, façon Melville et moustache. Et cette fois-ci, je ne peux que te conseiller d'y courir, parce que Le Cercle Rouge est un diamant brut, glacial et fascinant, à voir absolument. 


Pour les intéressés, la programmation Ciné Collection du Comoedia est disponible ici.






En collaboration avec le Comoedia

dimanche 17 janvier 2016

BORSALINETTE


   Il est vrai, les looks hivernaux se font plutôt rares sur ce blog. D'ailleurs, je réalise à l'instant que je ne t'ai jamais montré ce fameux manteau Esprit - acheté il y a deux ans - que j'avais cherché des semaines, que dis-je, des mois entiers (avoue qu'on se demande comment le monde continue de tourner).

Cette année, un peu lassée de mon vieux pardessus râpé, je me suis mise en tête de trouver une nouvelle raison d'exister : un manteau neuf, chic, et d'une couleur bien précise. Je ne te fais pas un dessin, à nouveau, j'ai retourné le web, bravé vents et marées et affronté les ténèbres (n'hésite pas à me dire si j'en fais trop) pour mettre la main sur le manteau parfait. Je l'avoue, après plusieurs semaines de quête acharnée, j'avais presque laissé tomber. Après tout, certes, j'avais un vieux pardessus râpé, mais chez nous au moins, y'avait la télé ...

Et puis un beau jour (ou peut-être une nuit ?), en flânant sur la blogosphère, je suis tombée sur l'adresse qui me manquait : Trench & Coat. Deux jours après avoir découvert ce site, je passais commande. Autant te dire que depuis, je n'ai plus aucun mal à comprendre le concept d'achat "d'impulsion" (celui-là même qu'on t'enseigne en Market' et auquel tu refuses catégoriquement de croire en disant "Mais n'importe quoi, le consommateur n'est pas un gogole un puissance, non, il a un cerveau et il s'en sert !"). Ouais ouais, et mon cul c'est du poulet. En quelques clics seulement, on avait réussi à me convaincre. Me convaincre d'acheter un manteau de Borsalinette*, noir, avec de charmantes rayures grises et un très beau col montantalors que je cherchais depuis des semaines un putain de manteau ... beige.





Je précise, pour celles qui se poseraient la question, que je n'ai pas un demi-sourcil gauche, mais plutôt un léger problème de gestion de la lumière :D



Rouge à lèvres - KIKO (teinte 114)

Manteau - Trench & Coat (soldé)

Pull - Zara (ancienne collection)

Chemise - H&M

Bracelet - Hermès

Montre - Swatch

Jean - H&M

Boots - H&M (soldées, et en cuir véritable, s'il te plaît)






*Borsalinette : mot inventé par moi-même, désigne une fille légèrement obsédée par Alain Delon et qui se croit obligée d'y faire référence dans chacun de ses articles (ici : le costume à rayures porté par Monsieur dans le film Borsalino)