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dimanche 1 octobre 2017

LE M•BOARD DE LA RENTRÉE


   Cela faisait beaucoup trop longtemps que je n'avais pas eu d'obsession modesque. Pourtant, je sais l'importance d'avoir un but dans la vie, quelque chose qui t'anime et te donne envie de te lever à 9h et demi (ou 9h27, si tu es quelqu'un de particulièrement enjoué). Alors, à la fin du mois d'août, je me suis posé une question existentielle : qui serai-je cet hiver ? (oui, parfois, je fume du chapeau)
Pour répondre à cette interrogation, j'ai composé un nouveau moodboard, l'occasion de renouveler ce concept assez génial (il faut bien le dire) de MBoard, lancé ici il y a deux ans déjà, souviens-toi.

L'exercice m'a permis de faire le point avec moi-même, et de réaliser que mes goûts évoluent assez peu au fil des années (qui s'en fout ?). De fait, ma quête de nouvelles obsessions ne fut pas très complexe. J'ai puisé l'inspiration dans l'intemporel : une photo de Willy Maywald qui habille ma chambre depuis des années, une tenue de scène princière (parce que ça manquait), et une couleur qui me poursuit depuis toujours (merci Esmeralda, merci Quasimodo, merci Disney).
Je me retrouve aujourd'hui avec plusieurs idées fixes en tête, parmi lesquelles un manteau violet, une voilette plumetis et des bottines d'inspiration militaire. De quoi me confectionner un bien beau déguisement pour l'hiver, qui me vaudra probablement de subtils commentaires ("donc toi, tu fais partie de ces gens qui n'ont absolument aucune honte, c'est ça ?")...




J'espère que la rentrée s'est bien passée pour toi, même si tes nouveaux habits ne font pas forcément l'unanimité en société (entre incompris, on se comprend ;) (elle est pas mal celle-là hein ?).
Si ça peut te consoler, j'ai ouvert il y a une semaine une petite boutique Etsy, avec de chouettes photos à vendre dedans... (c'est vraiment moche de profiter du malheur des autres, tu sais)





lundi 17 avril 2017

LES GLYCINES


   Je ne pensais pas revenir ici pour te parler de ça, de lui. Et puis, par hasard, je suis tombée sur ce concours un peu hors-normes, un peu sympa, organisé par Radio Nova (radio que je vénère depuis qu'elle a décidé de placer Édouard Baer à la tête de sa matinale).
La consigne du concours est simple et complexe à la fois : imaginer en 1999 mots (maximum) la dernière nuit de Prince. Je ne m'étais pas risquée à un tel exercice depuis les désormais mondialement célèbres aventures de Brenda et Bobby (souviens-toi). Alors, en attendant le verdict, j'ai choisi de partager avec toi ma nouvelle (et mon angoisse). Ça s'appelle Les Glycines, c'est frais et fantastique, un peu comme la Vache Qui Rit, oui...


LES GLYCINES


Il est des 21 avril que l’on n’oublie pas. Ce soir là, le crépuscule était d’une beauté rare. Une lueur parme flottait au dessus de la Terre, comme pour annoncer l’écriture d’une page nouvelle. L’histoire ne dit pas en quelle année, ni à quel siècle nous sommes. Elle précise simplement qu’un parfum d’éternité embaumait l’atmosphère, ce soir là.

C’était la fin de la journée. Une journée de plus passée à chercher, à explorer, à réinventer les sons. Seul, cloîtré dans sa prétentieuse demeure de Paisley Park, Prince ignorait les heures. Le temps glissait sur lui sans jamais l’éreinter. Et malgré les années, ses traits si fins, ses yeux si noirs demeuraient parfaitement intacts.
Prince errait de pièce en pièce à la recherche d’un éclat final, celui qui donnerait à sa dernière composition toute son âme. Il avait remis le choix du titre à plus tard, mais était persuadé de tenir là son prochain chef d’œuvre. Bien plus qu’une chanson, cette dernière performance était à l’image de ses plus belles créations. Une ballade sombre et magnifique, ponctuée d’excès dont lui seul avait le secret.
Pourtant, Prince n’était pas encore pleinement satisfait. Ses paroles le hantaient, et le mot “mystery” qu’il avait couché sur le papier quelques heures auparavant ne sonnait plus comme il l’avait imaginé. Celui-ci manquait de fantaisie, d’audace. Alors, Prince se mit à prononcer une série de mots, espérant trouver ainsi celui qui donnerait des ailes à sa mélodie. Il fit de nombreuses tentatives, mais aucune ne parvint à le séduire. “Enigma” était trop plat, “hysteria” trop commercial, “pizzeria” trop pragmatique, et “macronia” trop abstrait pour lui…

Depuis plusieurs heures, Prince déambulait sans réussir à atteindre sa destination. Le mot magique refusait de se dévoiler, tandis que tous les autres lui étaient apparus comme des évidences. Les minutes défilaient, et le bruit de ses talons sur le carrelage froid de Paisley Park continuait de briser un silence des plus pesants, quand soudain…
Soudain, quel est ce rayon éblouissant, signe d’un véritable pétage de plomb de l’auteur qui se croit tout à coup autorisée à citer Etienne Daho pour rythmer son récit ?
… quand soudain, donc, Prince aperçut au bout d’un interminable couloir une silhouette noire. Celle-ci se tenait droite, immobile, et la distance rendait le moindre détail totalement imperceptible. Plusieurs mètres de murs pourpres tapissés de posters séparaient Prince de cette étrange créature.
De qui s’agissait-il ? Un garde du corps ? Une fan hystérique qui aurait réussi à s’introduire dans Paisley Park ? Un déséquilibré venu dans l’unique but de récupérer un cheveu de l’ultra-star ? Était-ce un homme ou bien une femme ? Était-ce Kim Basinger, ou bien Batman ? Cette silhouette était-elle réelle, ou bien un pur fantasme ?

Prince voulut s’approcher de l’ombre, quand celle-ci se mit à réciter d’une voix légère ces paroles familières : “Come. Closer. Feel what U’ve been dyin 4”. Sans réfléchir, Prince obéit, et avança vers sa cible. Il découvrit alors une femme, dont les traits se dessinèrent au fil de ses pas. Prince devina d’abord une longue robe noire, laissant apparaître une peau lumineuse et dorée. Il vit ensuite un visage incroyablement fin, une bouche follement attirante, et deux yeux en amande maquillés de crayon noir. Désormais, Prince en était sûr, cette beauté insolente ne lui était pas inconnue. Mais il ne parvenait pas à mettre un nom sur ce visage fatalement parlant.
Sur un ton à la fois inquiétant et rassurant (d’aucuns diront un ton macronisant”), la femme reprit “Don’t be afraid baby. Touch it, and explode”. Prince était bouleversé par le charme de son amnésie. La sensation de connaître cette femme, de partager sa vie, sa chair sans être capable de la nommer, le décontenançait comme jamais. Aveuglément, il l’aimait. Il passa alors une main fébrile dans ses cheveux ténébreux, et dévoila le grain de beauté qu’il pressentait sur sa joue gauche. Ce détail était la clé. Pourtant, Prince restait désarmé, incapable de s’adresser à celle qui se tenait devant lui, effroyablement calme et accessible, comme un reflet dans un miroir.
Une nouvelle fois, celle-ci le devança et lui dit “Understand, understand that I love U. But more than that, I want U”. Les yeux saturés de larmes, Prince contemplait ces mots qui étaient les siens, quand la femme lui tendit un flacon dont le contenu violet rendait illisible les quelques lettres inscrites sur le verre. Sans même chercher à comprendre, Prince le saisit, et but le liquide. Il regarda le flacon vide, et prononça le mot ultime, celui qu’il n’espérait plus, et qui ne serait jamais rendu public : “wisteria” (en Français : “glycines”).
Il sourit alors à la créature, lui souffla de sa voix grave un timide “Thank U”, et courut vers l’un de ses studios d’enregistrement, le flacon serré contre son cœur.

Il était minuit quand la neige se mit à tomber. La silhouette avait disparu. Prince lui, n’a vraisemblablement jamais atteint le studio. On retrouvera, quelques heures plus tard, un papier entièrement noirci du mot “mystery” raturé, et dans un ascenseur menant au studio d’enregistrement, des centaines de pétales violets.

Depuis ce jour, chaque année, les rues, les jardins, les parcs se parent de chapelets violets, qui se répandent entre ciel et terre comme une “purple rain”. Depuis ce jour, les mois d’avril voient pleurer les glycines et leurs fleurs améthystes, follement élégantes, scandaleusement toxiques...


Les meilleures nouvelles seront lues mercredi soir sur Nova, lors d'une émission hommage. On se keep in touch.




dimanche 24 avril 2016

PANTONE 2665

   J'étais sur une bonne lancée. J'avais mûrement réfléchi, et consulté toute une assemblée (au moins ... deux personnes !). J'étais prête à poursuivre sans rien changer, en me laissant porter par mes inspirations du moment. J'avais même prévu d'aller photographier le Vieux Lyon pour te parler ce week-end de ce quartier que j'aime tant.


C'était jeudi soir. J'étais aussi cool qu'un Frankie en partance pour Hollywood. Et puis mon frère a prononcé une phrase, la phrase de trop, comme on dit dans les bistrots (mais bien sûr). Sur son écran d'ordinateur, j'ai vu son visage, ses traits si fins, ses yeux si noirs, mais je ne voulais pas y croire. D'ailleurs, à 98 796 reprises, j'ai répété les seuls mots que je trouvais à dire : "C'est pas possible" (comme quoi, l'incompréhension n'est pas forcément un sentiment très inspirant ...). En allumant la télé, je me suis effondrée en larmes, comme si Blake et Alexis venaient de découvrir qu'Amanda était leur fille (comme quoi, regarder Dynastie n'aide vraiment pas à rester digne ...). Vendredi matin, le réveil fut difficile. J'étais revenue sept ans en arrière, avec dans ma bouche ce même goût amer, et l'impression d'étouffer sous un drap de nostalgie (je te laisse imaginer ma réaction quand je suis arrivée devant ma brosse à dents violette ...).


Aujourd'hui, comme tu peux le voir, j'essaye d'en rire alors que le dernier des Grands est parti. Celui qui m'avait consolée après la mort de Michael laisse derrière lui un vide immense et une pluie d'améthystes. Son kitsch était sans pareil. Ses cris forçaient l'hystérie. Personne ne se roulera jamais par terre comme lui. Et personne ne portera jamais aussi bien le violet.


La mort m'a volé ma dernière idole. Pourtant aujourd'hui, Prince est plus vivant que jamais. Alors prends-en de la graine, jeune artiste entre guillemets. 






PS : Pour les nostalgiques, mon addiction à Prince en 5 articles à découvrir ici, ici, ici ou encore ici, et ici ;)

dimanche 24 août 2014

COLO-RÉ #2 : LE VIOLET



   Souviens toi, il y a trois ans déjà, je m'extasiais devant une pluie de confettis dont seul Prince a le secret. S'en suivait, ici-même, une série d'articles violets me faisant passer pour une grande barge obsessionnelle à la limite de l'internement psychiatrique. Oui mais voilà, ce 30 juin 2011, au Stade de France, le playmobile hyperactif avait réveillé en moi un vieux traumatisme d'enfance, que dis-je, une véritable blessure de guerre ...

C'était en 1997, lors d'un séjour chez Mickey. Peu après mon entrée dans le parc, j'avais flashé sur une magnifique Barbie Jasmine toute de violet vêtue. Ma mère m'avait alors promis de revenir la chercher en fin de journée, histoire de ne pas s'encombrer. Le soir donc, je retournais au magasin, impatiente tel Elvis, le chat obèse, percevant le doux son des croquettes versées dans sa gamelle. Mais stoppée dans mon élan, face à l'étagère où trônait le graal quelques heures en arrière, je découvre avec stupeur (et son pote, tremblement) que ma Barbie n'est plus là, que Jasmine est partie, que cette conne a foutu le camp sur son tapis volant, bref, qu'on ma volé mon précieux, mon rêve, mon enfance ... (n'importe quoi).

Depuis ce triste jour, je reste fébrile quand mon regard se pose sur cette teinte mauve. Cet été, j'ai donc profité de mon séjour sur l'île de Ré pour régler mes comptes. A coup de lavande et d'aubergine, j'ai affronté la couleur, quitte à frôler l'overdose.


Interlude fleurs du marché.


Interlude "Une fille et des fleurs".


Interlude lavande.


Interlude buddleia (je te l'accorde, c'est grave chelou comme nom).


Interlude collier qui pèse 18 kilos et demi.


Interlude fleur inconnue (toi, l'ami de la nature, aide moi donc).


Interlude pochette Maison François, une nouvelle marque Made in France very sympa, dont je te reparle très vite. 


Interlude aubergine.


Interlude géranium.


Interlude fleur inconnue, bis.



C'est donc sur cette bien mignonne anecdote - à peine emprunte de second degré - que je te laisse contempler l'île de Ré version purple, et patienter jusqu'au troisième et dernier épisode. Crois-moi Bobby (tu permets que je t'appelle Bobby ?), tu n'as pas fini d'être surpris.






PS : Les photos de look ont été prises rue des Sept Chemins, à La Flotte.