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dimanche 1 septembre 2013

LOIX




Quinze jours après mon départ, me voilà rentrée du Paradis.
J'ai retrouvé ma ville, ma vie, mais chaque année, l'atterrissage est plus difficile.
Alors pour éviter la déprime, j'ai trouvé une technique imparable : je repense à tous les aspects négatifs de cet été sur l'île de Ré.
Démonstration à base d'arguments d'autorité indéniables (quoi ? tu as vu un pléonasme ? où ça ?) :

1.  Le soleil a été de la partie chaque jour. Et qui dit "soleil" dit "épiderme en colère". Tu ne me diras donc pas que j'exagère si je crains le cancer.

2.  Je te racontais la dernière fois me brûler les doigts chaque matin. Figure toi que j'ai finalement réussi à foutre le feu au grille-pain. Clemence M, manchot depuis 1991.

3.  Avec ma connexion internet digne du Moyen-Age (oui, je suis au courant qu'internet n'existait pas au Moyen-Age, merci), j'ai raté au moins une saison entière de la blogo mode (comment ça, la blogo c'est pas un feuilleton ?).

4.  Je n'ai même pas eu le temps d'aller faire un tour aux Portes dans l'espoir d'y croiser Fabrice Luchini. Non parce que, je rêve secrètement (enfin plus maintenant) de lui dire à quel point je le trouve "énorme". Et au cas où tu n'approuverais pas, je te conseille de regarder ça.

5.  J'ai beau me voiler la face, trouver des arguments aussi forts qu'un bambou qui plie (le premier qui me sort "bambou qui plie mais ne rompt pas", je le sors par la peau des fesses, parce que la tentative de déstabilisation rédactionnelle, c'est mal !), au final, le point le plus négatif de ce séjour est qu'il fut beaucoup trop court ...












Haut brodé - MANGO

Bracelet en cuir - BYRDCEE DESIGN

Montre - SWATCH

Pantalon fluide - MANGO



Merci à Valentin pour les photos (prises à Loix, le plus beau village de l'île, selon moi).

Je ne voudrais pas casser l'ambiance, mais je dois maintenant t'annoncer que ce look était le dernier, à proprement parler.
Rassure toi, Clemence M is not dead. C'est la fin d'une époque, mais sûrement pas la fin de ce blog.
Je continuerai à parler de mode, à photographier la mode, mais différemment.
Je continuerai à te tutoyer et à faire de l'humour à 2 euros 50, parce que je sais que tu aimes ça (et aussi parce que je ne sais pas faire autrement).
Je continuerai aussi à te gâter, et pour preuve, j'ai déjà quelques concours programmés.
Dans quelques jours, le design du blog va donc changer. J'écrirai alors un "premier" article pour expliquer les raisons de ce changement.
Viendra ensuite le big bang (non j'déconne). Viendra ensuite le chapitre 2 d'une histoire commencée il y a déjà cinq ans.




Clemence M.

dimanche 20 janvier 2013

La Semaine Médias #24


Je n'ai pas pour habitude de consacrer mes Semaines Médias à une seule oeuvre.
Mais hier, je suis allée au ciné, et aujourd'hui, j'ai besoin de t'en parler (longuement).





Alceste à Bicyclette, le nom ne fait peut-être pas rêver.
Pourtant, derrière ce titre un peu Vieille France se cache un véritable bijou cinématographique.
Alors, on ne va pas se mentir : je ne suis absolument pas fan de théâtre classique, de Molière, et de grandes envolées lyriques articulées à la voyelle près.
En réalité, c'est mon amour pour l'île de Ré - dont je t'ai si souvent parlé ici - qui m'a bel et bien poussée à aller voir ce film.
Je dois t'avouer, aussi, que l'idée même d'un Luchini délirant sur les plages rétaises me rendait dingue d'avance.

Après visionnage donc, je m'essaye à la critique subjective (pléonasme ?).
Attention, alerte au dithyrambe.

J'appréhendais le film en espérant qu'il y serait question d'esthétisme, et très vite, je réalise que les promesses sont tenues.
Les balades dans les marais salants viennent ponctuer les scènes d'intérieur, le tout avec un incroyable jeu de lumières et de couleurs.
La dualité se cache dans chaque détail, et l'on pourrait presque entrevoir la volonté d'une symbolique contrastée dans le choix du village d'Ars, où le noir et le blanc se marient à chaque coin de rue.
Le scénario est original, et l'histoire de ces deux hommes fait subtilement écho à celle de ce Misanthrope qu'ils répètent inlassablement.
Le réalisateur va à l'essentiel, la sobriété du décor laisse place à un enchaînement de vers chargés de sens, et le moindre alexandrin résonne incroyablement dans cette grande maison froide.
Luchini, en terre conquise, électrise la salle de sa folie noble.
Et l'île de Ré ...
Brute, presque sauvage, déserte et glacée, photogénique comme jamais.
Ré est magistralement filmée, et les fidèles de l'île ne pourront s'empêcher de rire aux sempiternelles répliques lancées çà et là sur le Pont ou le prix des maisons.
Une heure et quarante-quatre minutes s'écoulent sans même que je m'en aperçoive.
Oui, le rire est là, l'émerveillement aussi.
Et, je l'admets, l'émotion me rattrape devant ce dernier plan à la beauté tragique dont seuls les réalisateurs de chefs d'oeuvre sont capables.


Est-ce bien utile, après cette tirade, de te conseiller d'aller acheter ton ticket ?
Je te le demande.




Clemence M.

PS : J'ai lu la critique des Inrocks. Je peux parfaitement comprendre que Luchini les agace. En revanche, je comprends moins comment on peut passer à côté de l'esthétique de ce film. Si quelqu'un a une explication, je suis preneuse.

PS 2 : Si tu as vu Alceste à Bicyclette, j'ai hâte de savoir ce que tu en as pensé.
 (non, ceci n'est pas du racolage supposé me rapporter des commentaires)