dimanche 19 avril 2015

LETTRE A POLNAREFF

blog clemence m polnareff cetelem
   
   Cher Michel,

  Cela fait maintenant une semaine que cet article dort dans mes brouillons. Le publier ou non, je t'avoue qu'après ton retour fracassant de ces derniers jours, je me suis posé la question. Moi qui m'apprêtais à implorer publiquement ne serait-ce qu'un signe de ta part, je me suis d'abord rappelé qu'il est des mots qu'on peut penser, mais à ne pas dire en société. Puis, je me suis souvenue que de la société tu te foutais. Alors, j'ai choisi, à mes risques et périls, de jouer avec la coïncidence de nos réactions simultanées (carrément, la fille tutoie les étoiles quoi).

blog clemence m polnareff live at the roxy cetelem

Rassure-toi, cette lettre n'a aucunement le goût de l'offense, mais bel et bien celui de l'hommageUn hommage à ta musique, qui fut l'une des premières à parvenir à mes oreilles (et je n'évoquerai pas Julien Clerc, au risque de voir à mon tour mon image altérée, dégradée, pour ne pas dire souillée). Un hommage à ce que tu fus, et qu'à l'époque je ne comprenais pas. Un hommage à tes mots, ces messages cryptés qu'à cinq ans je ne décodais pas.
Cette pochette du "Live At The Roxy" était mon seul et unique repère te concernant. Intriguée mais fascinée, je me suis longtemps demandé si ce coton vert et ces mains fines t'appartenaient, toi qui répondais pourtant par la négative piste 7.
Pas évident, le Polna, quand on est enfant ...

blog clemence m polnareff live at the roxy cetelem

Un temps, c'est vrai, je t'ai laissé, lassée de tes mélodies, plus complexes que tu ne le dis. A dix ans, vois-tu, la simplicité d'une Britney peroxydée nous parle davantage qu'un prodige qui chahute le PAF et provoque la société en montrant ses fesses. La démarche était plus abordable pour mon âge : Britney, elle, n'avait semble-t-il pas besoin de prétexte.

Plus tard, je t'ai recroisé, un peu par hasard ... Sur grand écran, il y a onze ans, sous les traits d'un Couscous un peu trop épicé. Sur petit écran, hier encore, à travers l'imagination sans limite d'un créa un peu trop enfariné inspiré.
Cette si chère société, devenue bal des nazes (parce que Cetelem ne détient pas le monopole de la blagounette), avait fini par te transformer, par te déguiser. 
Mais n'en parlons pas. N'en parlons plus. 

Car aujourd'hui, la petite fille qui par le son du piano se laissait bercer, et qui, j'ignore pourquoi, voulait absolument que Marilou ait les cheveux frisés  (?!) ... Cette fille là a grandi, elle a compris. A présent, du haut de ses 23 ans, elle vous supplie, toi et ton génie, de revenir, avec plus de 140 caractères et des airs, que je sais d'avance uniques.


Bien à toi,



1 commentaire:

La Fossette a dit…

:) j'ai beaucoup aimé cette petite lettre, tu es drôle et tu as une sacré plume! Moi aussi j'aimais beaucoup Polnareff quand j'étais petite, est-ce là la puissance des génies musiciens ? qu'ils soient capables de parler aussi bien aux tout petits qu'aux grands ? Lettre à France me donne encore des frissons aujourd'hui !
Au plaisir de te lire !