dimanche 9 octobre 2016

PANIQUE AU RAYON CREME FRAICHE


    Je l'avais annoncé, et je n'ai pas failli. A peine libérée de mes obligations estudiantines, je me suis ruée chez Monoprix pour acheter de quoi préparer un truc un peu chouette pour l'anniversaire de mon frère.

Bon, je te rassure, ce n'était pas la première fois que je mettais les pieds chez Monsieur Monoprix. Mais je dois t'avouer qu'arrivée au rayon crème fraîche, je me suis sentie à peu près aussi liquide que le contenu des 1001 bouteilles qui se tenaient devant moi. Face à cette surabondance de choix, je suis passée par plusieurs phases.

D'abord, je me suis dit quelque chose comme "Vas-y Clémence, tu peux y arriver, c'est maintenant ou jamais que ta vie commence, alors vas-y, ouvre l'armoire réfrigérée, et choisis ton destin" (ouais ouais, carrément).
Feignant d'être vachement sûre de moi, j'ai donc ouvert l'armoire gla-gla, j'ai attrapé une bouteille, et je l'ai mise dans mon panier. J'étais presque fière. Bien sûr, quelqu'un de normal aurait fait la même chose, puis se serait dirigé vers un autre rayon.
Moi, au lieu d'aller faire un petit tour au rayon chocolat, je me suis mise à paniquer. Soudain, toutes mes certitudes se sont évaporées. "Et si je n'avais pas pris la bonne crème ? Et si elle n'était pas assez liquide ? Peut-être que j'aurais du prendre la bio ? Peut-être que je me suis trompée dans mes conversions et que je n'en aurai pas assez ? Peut-on vraiment faire confiance à une étiquette ? Et si ma vie était en jeu, là, maintenant, au milieu de ce Monoprix (et des 35 clients un peu saoulés qui aimeraient accéder à l'armoire gla-gla) ?".
J'ai donc re-regardé une à une les bouteilles du rayon, et 45 minutes plus tard, j'ai fini par prendre deux décisions
1. Arrêter de jouer à l'adulte responsable et appeler Maman pour savoir quelle putain de crème il faut prendre
2. Voter Jean-Luc Mélenchon en 2017, parce que pléthore de choix dans les rayons nous rend un petit peu cons (enfin surtout moi)

La fin de ce périple fut plutôt heureuse. Je crois que ma tarte chocolat-framboise a plu. A moins qu'on l'ait mangé pour me faire plaisir, comme on félicite avec un air un peu débile un enfant qui nous offre un dessin un peu moche ... 
N'en étant pas certaine, je me permets tout de même de te donner ma recette.



- 1 pâte sablée
- 250 g de framboises
- 200 g de chocolat noir dessert
- 25 cl de crème fraîche liquide (d'avance, bon courage)
- 5 cl de lait
- 1 œuf

1. Etaler la pâte sablée dans un moule à tarte, la piquer, puis la faire cuire à blanc pendant 15 minutes à 210°

2. Laisser la pâte refroidir quelques minutes, et disposer les framboises coupées en deux

3. Faire fondre le chocolat

4. Faire bouillir la crème et le lait, puis, hors du feu, incorporer le chocolat fondu et l’œuf battu

5. Mélanger jusqu'à l'obtention d'un appareil lisse et homogène, puis verser sur la pâte recouverte de framboises

6. Faire cuire la tarte pendant 15-20 minutes à 210°

7. Laisser la tarte refroidir à température ambiante, puis la placer au réfrigérateur (idéalement, quelques heures)

8. Avant de servir la tarte, disposer au centre une framboise, pour une déco minimaliste du plus bel effet (n'est-ce pas Jean-Pierre ?)








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